Si j’avais su j’s’rais po v’nue !

Bon bon bon… Ça y est, les 3 dents de sagesses ont bien été enlevées Mardi 2 Décembre. Je vous raconte quand même !

Après avoir déposé les enfants à la garderie, mon homme m’a amenée à la clinique, où on est arrivés à 7h55. Un bisou-à-ce-soir-je-t’aime, la paperasse, j’attends dans la salle d’attente puis on m’appelle et m’accompagne dans une chambre seule (youpi).
L’infirmière me pose le bracelet d’identification, puis me donne le gentil cachet qui fait planer (alprazolam), à boire avec un fond d’anti-nauséeux (yeurk). Avant de prendre ces 2 médicaments, il faut que j’enfile la magnifique tenue de bloc du patient : une culotte jetable (sexy !!!), la blouse à fermer dans le dos, la charlotte à mettre sur la tête.culotte
Sexyyyyyyyyyyyyy Je vais me changer, me jette dans le lit, avale la mixture et regarde la télé en attendant que le temps passe (le WIFI est réservé aux patients qui dorment sur place et je ne capte rien avec mon téléphone, sauf en le plaçant sur l’adaptable dans une position bien précise à tel endroit bien précis bref laisse tomber)
Je me suis gentiment endormie grâce au cachet magique (va falloir que j’en demande en gou-gouttes, ça doit être génial pour les enfants super déchaînés le soir et qui veulent pas s’endormir).
9h15, on vient me chercher pour m’emmener dans la salle d’attente juste avant le bloc opératoire, là où Madame l’Anesthésiste vient se présenter (très sympa !) et me pose un cathéter (le petit truc qui rentre dans ta veine et sur lequel on va brancher les tuyaux pour te droguer bouh) vite fait à l’arrache entre deux portes.
Toi, t’es douée tu m’impressionnes, je t’admire.
Moins de 5 min après, on m’emmène au bloc. Merci merci pour la couverture, fais pas chaud chez vous ! Madame l’Anesthésiste branche une tubulure sur le cathéter de mon bras droit, et me donne le masque à oxygène à tenir sur mon nez. Elle me dit qu’il faut tenir ça mais qu’il va devenir lourd lourd, lourd lourd…. La traitre ! Elle m’a endormie à ce moment là. Au moins je souriais quand c’est arrivé.
Réveil… Dans la salle de réveil (je me serais inquiétée si ça avait été dans le hall). Hum, je n’aime pas cette sensation. Bouche pâteuse, un arrière goût de sang, la gorge qui me fait mal (merci l’intubation)
J’ai du mal à émerger… Je veux ouvrir les yeux, je n’en ai pas la force. J’ai la bouche engourdie, c’est difficile à décrire. Comme si j’avais mal, mais je n’ai pas mal. Bref, je ne me sens pas bien, je n’aime pas ce réveil (j’ai déjà eu une précédente anesthésie générale pour autre chose, et le réveil était plus chouette !). On me ramène dans ma chambre ; je pense qu’à ce moment là il est environ 10 heures et quelques. L’infirmière passe régulièrement dans la journée pour prendre mes constantes (pouls – tension). Elle me donne également deux pains de glace (exactement les mêmes que ceux que je mets dans la glacière quand je vais pique-niquer, oui oui ; ils pourraient faire l’effort d’acheter des poches de gel), qu’elle fixe autour de ma tête. Je suis belle, je suis magnifique, je commence déjà à gonfler, youpi. Sortie dans l’après-midi, à la maison avant 18 heures, bien contente d’être rentrée. Juste avant de partir petite visite chez le chirurgien qui regarde ma bouche. Il me dit avoir été agréablement surpris, c’est venu tout seul (ah bah c’est chouette écoute…) ; ça avait l’air de l’étonner, il m’a bien fait comprendre qu’à mon âge… (Quoi mon âge, j’ai pas 70 ans non plus…) J’ai oublié de lui dire que je voulais garder une dent (celle qui était sortie) comme souvenir. Ça aurait été drôle de la montrer aux enfants.

Les jours qui suivent, youhou… Je suis gonflée à gauche, trèèèèèèssss gonflée à droite. Mon chéri m’appelle Hamster Jovial. Les bleus arrivent ; pour draguer, c’est mort. J’utilise à fond la poche de gel que j’ai acheté pour l’occasion, ainsi que l’arnica. En plus de la douleur, impossible de manger. Enfin manger, c’est vite dit. Je dois manger mixé les 3 premiers jours. Sauf que… L’ouverture de ma bouche et grande comme un doigt. Un seul doigt. Sachant qu’il est interdit d’utiliser la paille, je te raconte pas le massacre quand je veux manger avec la cuillère.
En plus, c’est trèèèèèès douloureux. Chaque repas se finit en pleurs… Oui, à ce point. Je prends mon traitement correctement, et à un moment, j’ajoute de la codéine avec mon paracetamol, histoire de mieux supporter. Je sens parfois un peu de liquide qui s’écoule (pardon si tu es à table, de toutes manières on ne lit pas à table c’est pas poli), je me demande si c’est du sang mais bon, je pense que c’est normal.

Vendredi j’en peux plus, 6H45 j’arrive aux urgences. Madame la docteur m’examine, et me dit qu’elle a appelé mon chirurgien sauf qu’il est actuellement au bloc, je dois repasser le voir à 12H30. Y’a pas d’infection, c’est le plus important. Elle me dit de prendre la dose max de codéine. J’ai passé la matinée à dormir.
12H30 me revoilà devant le chirurgien, qui a l’air un peu étonné de ma venue. Bah mon mignon écoute, j’ai mal quoi ! Ça se voit pas mais nom de Dieu je m’arracherais bien la mâchoire pour être tranquille et ne plus avoir mal. Il m’examine à son tour, et me dit que j’ai un hématome à droite. « Mais… Vous ne drainez pas ? » Ah parce qu’il fallait ? Tu m’as rien dit, j’ai pas fait moi… Le voilà qui appuie très fort sur ma joue droite. Je ferme les yeux, purée je douille.
Pleiiiiiinnnn de ce liquide sort, il appelle ça des « sérosités ». Il m’explique que je dois drainer pour évacuer ; et en effet, le soir même, j’ai un peu dégonflé.
Je lui dis que bon lundi je vais bosser moi hein… Si jamais lundi matin 9 heures j’ai encore mal, j’appelle sa secrétaire et n’y a pas de soucis il prolongera mon arrêt. Modification du traitement, on rajoute de l’Augmentin durant 7 jours, il trouvait que ce n’était pas très propre (en même temps, vu le peu d’ouverture que j’ai, difficile de passer la brosse à dents… Et promis m’sieur, je fais bien mes bains de bouche ! De toutes manières pour le peu que je mange, bref).
Mes intestins le remercient, ils sont super bien nettoyés ; il ne me reste plus une seule gentille bactérie qui m’aide à digérer (c’est la manière polie de dire « merci l’antibio, v’la la diarrhée que je me paie…). Demain matin c’est pharmacie et stock d’ultra levure.
On est dimanche soir et… J’ai toujours très mal. Chaque repas est une torture, vu que l’anti-douleur ne fait plus effet (l’augmentin lui par contre pas de soucis, il bosse comme un furieux). J’ai appelé le boulot en fin d’après-midi pour leur dire de ne pas compter sur moi demain, et demain matin 9 heures j’appelle le secrétariat de mon chirurgien. La codéine atténue la douleur, mais je ne me sens bonne à rien. Je dois continuer à dormir la tête surélevée, sinon je sens que l’hématome n’aime pas, c’est désagréable. Je ne peux pas me pencher, ça fait boom boom dans la mâchoire… Sans compter les effets secondaires de la codéine (je me sens à l’ouest, dans tous les sens du terme).
Bref, c’est pas la joie. Le bon côté (y’en a un quand même, même deux), c’est que j’ai pas mal dégonflé, surtout à gauche. Je sens deux boules dures à un endroit dans la mâchoire, je suppose là où étaient les dents. Les bleus s’atténuent, là aussi c’était joli. J’ai une sorte de bouc vert / jaune, très classe. Hier avec mes trois amours nous avons été à la récré des 3 curés (un parc d’attraction dans le coin) pour l’arbre de Noël du comité d’entreprise de mon homme et bon, je sentais des regards chargés de questions à la vue de mon visage (et sérieux, je m’en serais posées aussi !)

Tiens cadeau, voilà ma tête de vendredi matin, dans la salle d’attente des urgences.

post-sagesses-enflee

(C’est là que je me félicite d’avoir tricoté un super tour de cou / snood qui monte suffisamment haut pour cacher).

La suite un autre jour, quand ça ira mieux !